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Tag: Dette

La lettre de la Commission européenne à l’Italie

Voici la lettre « strictement confidentielle » de la Commission européenne, envoyée par le Finlandais Jyrki Tapani Katainen, au gouvernement de Matteo Renzi concernant le budget de l’Italie et lui demandant quelque éclaircissement. Le gouvernement français aussi reçu le même type de missive puisque sont budget prévisionnel semble violer lui aussi Le pacte budgétaire européen.

Sur la forme, on remarquera que la lettre est rédigée non pas en Italien mais en Anglais…à quoi servent donc l’armée de traducteurs qui siègent à Bruxelles. Pour le fonds, je vous laisse seul juge.

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Manifeste pour une union politique de l’Euro: décryptage d’un délire franco-germano…pratin

BerezinaLa plupart des pays de l’Union européenne ne sont toujours pas sorti du marasme économique où les a plongé la crise économique et financière de 2008 que les manifestes, pétitions, appels etc. à une « autre Europe » font florès.
La dernière fournée, Manifeste pour une union politique de l’euro, nous est généreusement délivrée par une brochette d’économistes emmenée par le très prolixe Thomas Piketty.

Même repris et commenté par de très nombreux journaux, Le Monde en tête, ce manifeste n’a malheureusement rien d’original. A mes yeux ce texte n’est qu’une compilation d’idées venant de la gauche et de la gauche de la gauche véhiculées depuis le début 4 ou 5 ans et avec comme postulat que  les Etats ne sont pas responsables de la crise et que la seule solution pour les pays de l’Union Européenne (U.E.) de s’en sortir est de mettre tout en commun (dettes, politiques économiques et sociales).
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Dette publique: La gauche gère-elle mieux?

S‘il est une idée, en politique, profondément ancrée dans les esprits, c’est bien celle que la gauche serait beaucoup plus dépensière que la droite et donc moins bonne gestionnaire des deniers publics. Ce préjugé est combattu avec le plus grand acharnement par la gauche. Passe encore de passer pour angélique face à l’insécurité, mais manquer de crédibilité dans le domaine budgétaire alors que la crise de la dette en Europe perdure, c’est l’équivalent d’un suicide électoral collectif pour le PS et ses alliés.

Alors des dizaines de petits soldats se sont mobilisés, du centre gauche à l’extrême gauche, pour nous répéter à l’envie ce message: La gauche gère mieux les finances de l’Etat que la droite. Lire la suite →

Debtocracy: La crise grecque pour les nuls…par des manipulateurs

Hier soir, dans un grand élan d’ouverture d’esprit mais aussi par esprit de curiosité, je me suis astreint à un exercice d’autoflagellation pour le libéral que je suis; j’ai regardé Debtocracy.
Ce documentaire, sur la crise de la dette en Grèce, réalisé par des Grecs et qui fait fureur sur la toile dans les milieux de gauche, semble être l’objet d’un boycott des grands  médias.  Il n’en fallait pas plus pour propager une épidémie de complodite aiguë parmi les sympathisant d’extrême gauche et chez les alter-mondialistes sur un terreau fertile qu’est le monde de la finance. Compte rendu d’un documentaire qui n’en est pas vraiment un.
La première chose qui surprend, quand on sait que le budget du film serait de seulement 8.000 euros, est la très grande maitrise technique dont ont fait preuve les bénévoles ayant participé à ce projet. Bonne nouvelle donc, le talent n’est pas une affaire de gros sous et on sent que ce petit monde a mis tout son cœur à l’ouvrage pour accoucher d’un œuvre construite comme une belle série policière américaine, on est loin de l’amateurisme soixante huitarde. Le fonds par contre laisse largement à désirer et on se demande si cette maitrise artistique n’a comme unique but que de nous laisser bourrer le crâne avec des idées fumeuses et des théories saugrenues.

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Sommet européen: Comment Hollande s’est fait rouler dans la farine par Mario, Mariano, Angela et les autres

Le énième sommet de la dernière chance qui s'est tenu à Bruxelles les 28 et 29 juin 2012 a quelque chose de singulier; il fait l'objet d’éloges quasi unanimes des observateurs avertis et autorisés à s'exprimer dans les médias.


Les politiques de gauche louent l'intelligence tactique de Hollande quand ceux de droite revendiquent la paternité de ces accords en expliquant que c'est l’aboutissement d'un long travail en amont de leur ancien champion Sarkozy. Les économistes de gauche se félicitent d'un retour en grâce du keynésianisme quand ceux de droite y voient la planche de salut du capitalisme. Les europhiles sautent comme des cabris à l'annonce d'un fédéralisme renforcé quand les europhobes…se taisent.   (hommes politiques de droite comme de gauche, la plupart des économistes et les journalistes).

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Contrat sur la dette Francaise; encore un fantasme

Le 16 avril prochain, soit une semaine avant le scrutin du premier tour de l'élection présidentielle, sera lancé un contrat sur les obligations à dix ans émises par l'Etat français. Une déclaration de guerre d'après un grand nombre de journaux français.  Déclaration contre la France pour ceux de droite ou contre le future président François Hollande, pour ceux de gauche. Much Ado About Nothing diraient les Anglais.
 
De quoi s'agit-il? Tout simplement d'un type de contrat qui existait avant l’avènement de l'euro et qui concernait la plupart des devises défuntes, peseta espagnole, lire italienne, et bien entendu franc français. Ces contrats ont été retiré des marchés organisés faute de demande suffisante de la part des investisseurs qui croyaient à l'époque – ils n'étaient pas les seuls – qu'acheter une obligation de l'Etat portugais ou de l'Etat allemand c'était kif kif bourricot, alors pourquoi s’encombrer avec 17 types de contrats différents quand un seul suffit; le contrat à terme sur le roi des rois, le Bunds allemand. Depuis beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et on s'est enfin rendu compte qu'exporter des voitures de luxe et des machines outils, c'était pas la même chose que de produire des olives ou des oranges.
 
Les nouveaux contrats offerts permettront aux investisseurs de prendre des positions sur l'évolution des obligations de l'Etat français. Ceux qui détiendront le sous-jacent (des obligations d'Etat à 10 ans) en portefeuille ne feront que se garantir contre une moins-value en cas de baisse de la valeur de l'obligation, y compris un défaut de paiement, les autres spéculent. La spéculation peut prendre trois directions; parier que l'Etat français va faire faillite ou que le taux auquel il émet ses obligations va se renchérir (c'est la seule stratégie de spéculation que la presse retient), parier que la France va voir sa situation s'améliorer ou moins s'empirer que d'autres ne le parient et même que rien ne va se passer et donc que les taux vont rester aussi plat qu'un électroencéphalogramme d'une grenouille morte.
 
Quelle est la différence entre ces contrats et les fameux CDS?  Les CDS sont des contrats d'assurance qui ne se déclenchent qu'en cas d'un sinistre constaté et officialisé par un groupe d'experts (pour plus de précision voir mon article; CDS: la bombe atomique qui fait pschitt) alors que les contrats à terme sont des valeurs mobilières qui font l'objet de cotation sur une bourse, dans le cas qui nous intéresse sur Eurex. Autre différence de taille, les CDS, se traitant de gré à gré,  ne sont pas accessible aux petits investisseurs, on peut même dire que le FOAT (French Obligation Assimilable du Trésor, tel sera son nom) démocratise la spéculation sur la dette souveraine.
 
Ce type de contrat est-il une menace pour l'Etat français?
 
J'ai retenu quelques griefs, que j'ai trouvé dans la presse, contre ce nouveau type de contrat:
 
"Cet instrument permet aux spéculateurs de parier très facilement à la baisse, pour des montants considérables s’ils le souhaitent."
Il est vrai que spéculer sera plus facile mais cette facilité ne sera nouvellement offerte qu'aux petits investisseurs, les gros avaient déjà accès aux CDS. Par ailleurs un contrat à terme n'est que le dérivé d'un sous-jacent, c'est ce dernier, le prix de l'obligation, qui fixe le prix et pas l'inverse. De plus si des spéculateurs peuvent "parier plus facilement à la baisse" cela veut dire que leurs contreparties, d'autres spéculateurs, peuvent aussi facilement parier à la hausse car un marché n'est que la rencontre de deux anticipation opposée.
 
"Cet instrument  permet aux spéculateurs de ne presque pas payer de frais pour parier : 1 à 2 euros pour parier 100 000 euros soit 0.002% de frais au maximum. "
Cela existe déjà pour les CDS, le coût de transaction rapporté aux montants traités est marginal. 
 
"Le moment chois n'est pas le fruit du hasard, c'est un message à l'adresse des candidats."
Si c'est un message lancé aux candidats, les candidats doivent être sourds car cela ne les gênent pas pour promettre monts et merveilles. Je ne pense pas que les dirigeants d'Eurex se disent "on va se payer un dirigeants de gauche" ou "on est tellement puissant que c'est nous qui allons choisir le future président". Le lancement de ce nouveau produit est juste le résultat d'une constatation simple; un marché potentiel sur la dette française émerge peut-être avec pour moteurs; des finances de l'Etat français qui se dégradent continuellement et l'entrée de Paris dans une ère de turbulence politique avec un candidat favoris, François Hollande, qui fait de nombreuses concessions, au moins dans ses discours, à l'électorat de la gauche de la gauche.

Ce contrat à terme pourrait-il être un atout pour la France? J'ai lu dans le magazine Le Point que l'écart de rendement (euphémisme qui désigne la surprime payée par Paris) ente les taux français et allemand s'explique, selon l'Agence France Trésor, par "la prime de liquidité dont bénéficient les emprunts d'État outre-Rhin grâce aux futures." Le seul problème pour adhérer à cette théorie est qu'il n'existe pas de marché future pour la dette finlandaise ou néerlandaise mais que ces deux pays empruntent malgré tout à un prix proche du taux allemand. – quand on est désespéré on s'accroche à n'importe quelle branche -..

 
Les craintes exprimées par de nombreux journalistes relèvent plus de la "théorie du complot",  de la recherche d'un bouc émissaire (c'est encore mieux quand il est anglo-saxon) que de la réalité économique.
La réalité est simple pourtant; une gestion budgétaire d'un pays saine et constante permet de bénéficier de financements à bons marché et les marchés obligataires comme leurs dérivés ne sont que le reflet d'une telle politique.