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Pourquoi les pauvres ne votent-ils pas à gauche?… Peut-être une question de bon sens!

"Pourquoi les ouvriers ne votent-ils gauche?", "Pourquoi les pauvres snobent-ils la gauche" ou "Pourquoi les classes populaires votent-elles à droite?". La grande question que posent les journalistes aux dirigeants politiques de gauche et que la gauche se pose à elle-même (ou feint de le faire) et qui revient en boucle (le dernier épisode étant l'interview de Mélenchon par Morand sur Europe 1) traduit un profond malaise plus particulièrement au parti socialiste – parti qui aspire à gouverner – qui ne peut ne passer d'un soutient des classes populaires pour revenir  au pouvoir.
 
N'a-t-on jamais entendu un politique de l'U.M.P. se demander pourquoi les bobos – Bourgeois-bohème – des grandes villes ne votaient-ils pas pour la droite? N'a-t-on jamais entendu un des Le Pen se plaindre qu'un pays comme la France, composé en majorité d'une population de race blanche, ne les ait jamais porté au pouvoir?


 
Il faut bien reconnaitre que depuis une décennie la gauche mange son pain noir; c'est en 1988 que le dernier président de gauche, François Mitterrand, a été élu et le dernier gouvernement remonte à 2002, année maudite si il est pour le P.S. La gauche a faim de pouvoir. Même si elle remporte de beaux succès lors d'élections locales, il semble que les français ne lui fassent plus confiance pour les choses sérieuses; présidence de la république et gouvernement. Et pourtant comme dans la plupart des coins de la planète – sauf Monaco et le canton de Genève peut-être – il y a plus de pauvres que de riches et donc dans un état démocratique avec des élections libres et transparentes la gauche devrait en toute logique être à la tête du pays.
 
Pourquoi les pauvres ne votent-ils gauche?
 
Voilà le type de question qui m’amuse ou m’irrite selon l'humeur du jour. Ce que je reproche à ceux qui posent ou se posent cette question  ou ses diverses variantes et qui sont de gauche c’est d’accumuler, sous le fallacieux prétexte de poser une question simple et innocente,  des postulats erronés, des présupposés faux et surtout des préjugés sociaux. En clair il y a, dans cette question, des sous-entendus insupportables à mes yeux  et cette question pourrait être traduite en langage trivial par; les ouvriers ne-votent-ils pas à droite contre leurs intérêts parce qu’ils sont trop cons et qu'ils se font bourrer le crâne par le « système » (institutions, télé, radio, presse quand ils lisent!)? Drôle de manière de considérer les "prolétaires" par ceux qui prétendent peut-être pas les aimer mais au moins les défendre, n'est-pas?

Mais en fait, est-ce que les ouvriers votent vraiment à droite?

 
Non, les ouvriers et les pauvres ne votent pas à droite comme l'a montré un enquête Ipsos lors de la dernière élection présidentielle. Ségolène Royal a enregistré ses meilleurs scores chez les ouvriers (54%), les employés (51%), les professions intermédiaires (51%) et cartonne chez les chômeurs (75%) tandis que Nicolas Sarkozy fait le plein chez les agriculteurs et les artisans et commerçants (respectivement 67 et 82%) et arrive en tête chez les cadres supérieurs (52%).
 
Les classes populaires votent majoritairement pour la gauche mais ce vote ne s'exprime pas de manière suffisamment massif pour contrebalancer la forte mobilisation pour la droite des autres classes sociales. 
 
Pourquoi la gauche ne fait-elle pas un meilleur score chez les classes inférieures alors qu'elle est censée défendre leurs intérêts?
 
Les ouvriers sont victimes d'un bourrage de crâne organisé par les médias. Je laisserai de côté cette explication car elle relève plus à mes yeux, chez ceux qui la défendent, d'une maladie mentale proche de la schizophrénie ou de la théorie du complot que des faits réels. 
Certes les médias ont tendance à se faire échos de la "pensée unique" mais les modes changent. Si on prend l'exemple de la pensée économique on peut constater qu'avant-hier le libéralisme était "mainstream", hier c'était au tour du keynésianisme de prendre sa place (sauvetage des banques et relance économique) et aujourd'hui on assiste à un retour en force du libéralisme version orthodoxie budgétaire (contrecoup des problèmes d’excès de dette publique de la Grèce et de l'Irlande entre autres). Malgré ces fluctuations de la pensée dominante on ne peut que constater que la gauche perd toujours les élections nationales depuis 2002. Si on prend un autre exemple dans le domaine de la politique, Balladur était le candidat des médias en 1995 et cela n'a pas empêché Chirac de le battre ou que 95% des médias ont roulé pour le oui à la constitution européenne et malgré cela la majorité des classes populaires ont voté non et enfin l'actuel président est au plus bas dans les sondages alors qu'on dit que ses amis détiennent le pouvoir dans quasiment tous les médias. 
Les médias ne font pas l'opinion du peuple en général et surement pas celle des classes populaires en particulier.
 
Voter à gauche; le choix du cœur mais pas de la raison
 
Les "prolétaires" entendent, voient, et pensent quoique qu'en disent les intellos. Et que voient-ils? Que l'on vivait mieux à l'époque de la guerre froide du côté capitaliste que dans les républiques populaires. Que les municipalités ou les département gérés par la gauche ont plus de difficultés financières que les autres, même si ils savent bien que la plupart sont de gauche parce que pauvres et pas l'inverse. Que les états en Europe qui font face à la crise de la dette sont plutôt des états dirigés par la gauche que par la droite. En un mot les classes populaires ont de sérieux doutes sur la capacité de la gauche à bien gérer la chose publique au plus haut niveau. Une villes, pas de problème, un département ou une région cela passe encore mais pas l'Etat qui est le garant financier ultime.
La gauche au pouvoir n'a pas laissé que de bons souvenirs. Le passage aux 35 heures a surtout profité aux cadres qui avaient les moyens d'occuper le supplément de temps libre qu'on leur laissait mais cela s'est surtout traduit pour le monde ouvrier pas un blocage des salaires d'autant plus insupportable que les prix à la consommation ont flambé au début des années 2000. 
 
Les classes défavorisées sont les premières victimes des crimes et délits
 
La politique ne se résume pas, pour les classes laborieuses, à des préoccupations économique – qu'est-ce que je vais bouffer dans ma gamelle – comme le pensent souvent les dirigeants politiques de gauche. Si les classes populaires sont très sensibles au prix de la baguette et aux relèvements du smic et des diverses allocations sociales, elles ne sont pas moins concernées par d'autres problèmes comme l'insécurité par exemple. En effet les actes d'incivilités, comme il est de bon ton de qualifier pudiquement les petits délits, ou les crimes et délits se produisent plus souvent dans les quartiers populaires que dans les centres villes, ces derniers étant d'ailleurs bien mieux pourvu en forces de sécurité que les premiers, que ce soit un gouvernement de droite ou de gauche au pouvoir. Dans ce domaine la gauche se laisse manger la laine sur dos par Sarkozy dans ses périodes très droitières et surtout par le Front national, premier parti des ouvriers.
 
Les électeurs n'appartiennent à personne, les groupes d'électeurs n'ont plus.
 
Il y a dans l'esprit de ceux qui croient à une sorte de déterminisme social du vote les germes d'une pensée totalitaire. Si on juge que les gens doivent voter selon la catégorie sociale à laquelle ils appartiennent à quoi bon organiser des élections? Il suffit d'avoir des données statistiques à jour et de répartir les sièges au parlement selon le poids relatif des différentes catégories sociales. Et tant pis pour ceux qui n'ont pas l'opinion qu'ils sont supposés avoir, ce ne sont que des fous à liés ou des déviants qui doivent être envoyer dans des camps de rééducation. Cela marchait comme cela dans les anciennes démocraties populaires.
 
Au lieu de reprocher aux classes populaires de ne pas voter pour la gauche, la gauche devrait plutôt faire son auto-critique.
 
C'était mon coup de gueule contre ceux qui prétendent au monopole pour représenter les classes populaires!
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