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Quelle est la différence entre le quantitative easing, le LTRO et la planche à billets?

Face à la crise de la dette que traversent les pays européens deux camps s’affrontent au sein de l’Union européenne et chacun a sa solution pour éteindre l’incendie qui se propage à travers le vieux continent. Ceux qui pensent que le retour à la normale viendra par une politique de rigueur ou d’austérité et d’autres qui plaident pour une politique de relance et souhaitent que la Banque centrale européenne (BCE) adopte une politique monétaire plus axée sur la croissance que sur la surveillance de l’inflation.
Ces derniers nous parlent avec délectation et envie de quantitative easing (Q.E.), le dernier anglicisme qui fait fureur dans la presse, appliqué par la Banque d’Angleterre ou la Federal reserve américaine. Ce nouveau terme (enfin nouveau pour les Européens, les Japonais le connaissent depuis 20 ans) est reprit en boucle dans les médias avec une définition très différente selon son positionnement politique.
D’un cotes un groupe hétéroclite, composé de farfelus d’extrême droite et d’extrême gauche avec comme special guest, Marine Le Pen, Dupont-Aignan et l’incontournable Jean-Luc Melanchon, qui l’assimilent à la bonne la bonne vieille planche à billets. Ils nous expliquent qu’ils faut faire comme les Américains, les Japonais ou les Britanniques: La BCE devrait financer  directement les Etats de la zone euro quand ils en ont besoin à des taux très bas et en créant de la monnaie (avec la fameuse planche) au lieu de prêter aux banques commerciales, à 1%, qui re-prêtent à leur tour aux Etats à 2, 3, voir 6%. C’est beau quand les extrêmes se rejoignent! il faut tout de même préciser que le FN propose de revenir au Franc.D’un autre côté, on a un groupe de « sérieux » et propres sur eux (PS, UMP, Centristes, journalistes, économistes, on ne peut pas tous les citer la liste serait longue comme le Danube, mais ils sont faciles à reconnaitre car ils passent tout le temps à la télé) qui nous expliquent que le quantitative easing n’a rien a voir avec la fameuse planche. D’ailleurs c’est une expression qu’ils ne prononcent que rarement. Ce groupe n’a que mépris pour la fille de Jean-Marie et l’ancien sénateur PS qui ne seraient que des buses qui n’ont rien compris à la politique monétaire menée par Ben Bernanke (nom qu’ils prononcent Bernankii! histoire de craner en faisant croire qu’ils sont familiers avec le président de la FED ou qu’ils suivent toutes ses interventions dans le texte). Les très brillants Ben et George (G. Osborne, le chancelier de l’échiquier, ministre chargé des finances et du trésor du Royaume-uni) ont recours au quantitavie easing et pas à de la vulgaire planche a billet.

La planche à billets vs Quantitative easing

Le point commun. Planche à billets et quantitative easing sont des politiques monétaires qu’un Etat met en branle pour stimuler l’économie quand les politique dites conventionnelles (gestion pas les taux directeurs ou par le niveau des réserves obligatoires) ont échoués. Exemple: Quand les taux grecs à 10 ans flirtent avec les 30% alors que le taux directeur de la BCE est si bas (1%) qu’il ne laisse plus aucune marge de manœuvre à la baisse pour M. Draghi, une baisse du taux de la banque de Francfort à 0,75, 0,50 ou même 0,25% ne  permettra pas à Athènes de revenir sur les marchés pour emprunter à des prix raisonnables et permettre que sa dette devienne, comme par magie, à nouveau supportable..

Pourquoi  les qualifie-t-on de non-conventionnelles? Parce qu’elles peuvent avoir des effets secondaires (inflation incontrôlable, perte de confiance dans la monnaie etc.) très dommageables, un peu comme un grand malade traité a la morphine.

La planche à billet est une émission de « monnaie banque centrale » sans contrepartie économique; aucune progression de création de richesse par le pays ne la justifie (PIB). En général la banque centrale crée de la monnaie pour satisfaire  les besoins du gouvernement qui ne veut ou ne peut augmenter les impôts ou couper dans les dépenses.

Imaginons le cas d’un gouvernement fraichement élu qui décide d’augmenter le nombre de fonctionnaires et qui a besoin de 20 milliards pour les payer alors que les caisses sont vides (toute ressemblance avec des personnes ou des situations…). La planche à billets consiste à obliger la Banque centrale à virer sur le compte du Trésor public 20 milliards qui serviront à cette dépense. Facile non? Sauf que comme cet argent a été crée ex-nihilo, sans création de richesse en contrepartie, l’ensemble des agents économiques vont subir une dépréciation équivalente de leurs revenus et de leurs actifs monétaires. Ok, vous me direz que d’un autre côté 60.000 gusses ont trouvé du boulot; c’est vrai, mais alors pourquoi ne pas créer autant d’emplois qu’il y a de chômeurs, tout le monde aurait du boulot mais les gens seraient bien plus pauvres à l’exception de quelques apparatchiks. C’est comme cela que le système soviétique fonctionnait.

Le quantitative easing est une politique monétaire plus subtile. Certe comme dans le cas de la planche à billet aucune hausse du PIB de le justifie mais comme la banque centrale alimente les agents économiques en rachetant sur le marché des titres financiers (en général des obligations d’Etat de court terme, moins de 2 ans) il y a un semblant d’équilibre.
Les défenseurs de cette méthode disent que ce qu’elle donne d’une main (le cash) est retiré de l’autre (bons du Trésor). De surcroit, à l’échéance et au remboursement de ces titres, la monnaie, en revenant dans les livres de la banque centrale, est donc retirée de la masse monétaire. Il n’y aurait  donc aucun risque d’emballement de création monétaire. Le raisonnement des avocats du Q.E. a cependant trois limites:
Primo, le postulat de départ est que les montants placés en bons du Trésor, même de courte échéance, sont des liquidités quasi équivalentes aux montants qui vont être alloués par la Banque centrale. Ce raisonnement est faux à mes yeux puisque l’argent déversé va se retrouver, au moins partiellement, dans les circuits de l’investissement et de la consommation et au final conduira à une hausse généralisée des prix.
Secundo, il faut que l’émetteur des titres financiers achetés ne fasse pas faillite et l’exemple grec n’est guère rassurant à ce sujet. Le cas grec, au passage, nous montre aussi que la BCE pratique le Q.E. même si cette action a été circonscrite à quelques pays de la zone euro (Irlande, Portugal, Espagne, Italie) et que l’objectif était d’apaiser les tensions apparues sur les taux obligataires de ces Etats et pas de relancer la machine économique.
Tertio, il ne faut pas que le Q.E. soit renouvelé et encore moins augmenté à chaque échéance. Du temporaire renouvelé systématiquement et à l’infini devient du permanent comme la planche à billet.

LTRO le quantitative easing  made in Francfort
Le LTRO tel que pratiqué par la BCE est très différent dans la forme du quantitative easing anglo-saxon. Au lieu d’achats fermes sur le marché M. Draghi a opté pour un prêt (pas en blanc, le BCE demande de placer des titres en garantie et pas n’importe quels titres, par ailleurs ces titres sont valorisés de manière très prudente)  sur trois ans proposé aux institutions financières de la zone euro moyennant un taux relativement bas de 1% (je dis relativement bas car seuls les Etats sur lesquels pèsent des doutes de solvabilité empruntent à un taux supérieur, l’Allemagne ne paie que 0,34% pour cette durée). Ce prêt est « multi-usage » non seulement ils consolident les banques en écartant, au moins temporairement, un risque de crise de liquidité comme on l’a connu au lendemain de la faillite de Lehman Brother, mais il sert aussi à financer les Etats (puisque la BCE n’a pas le droit dans ses statuts de leur prêter directement) ainsi qu’à financer les entreprises et les ménages.
Mais à l’usage LTRO et Q.E. sont vraiment similaires puisque dans les deux cas l’objectif est le même: soutenir l’économie en injectant de la liquidité et en faisant baisser les taux. Malheureusement on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif et quand les entreprises n’ont pas de projets d’expansion en Europe, que les particuliers ne voient pas l’avenir d’un œil optimiste, que l’argent reçu par les Etats sert en priorité à rembourser des anciens prêts et que les investisseurs sont pessimistes sur l’évolution de la solvabilité de certains Etats, le miracle ne vient pas.
Pourquoi avoir peur de l’expression planche à billets?
Si un quantitative easing répété à l’infini donne les même résultats que la planche à billet et que le LTRO est une forme de quantitative easing pourquoi de jamais parler de planche à billet? Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots, disait Jaurès. La « chose » c’est la crainte de l’inflation prégnante dans une bonne partie d’opinion publique européenne et plus particulièrement chez les retraités de plus en plus nombreux sur le vieux continent qui n’a jamais aussi bien porté son surnom. Ces personnes, dont la participation à chaque élection est supérieure aux moyennes nationales, sont plus soucieuse du maintient du pouvoir d’achat des pensions qu’elles reçoivent que du niveau du chômage ou des perceptives économiques de leurs pays dans les vingt ou trente ans à venir. Ils ont aussi le souvenir que inflation ne rime pas toujours avec expansion.
Même chez les plus jeune le terme planche à billet a une connotation négative et renvoie dans la mémoire collective à la période d’hyper-inflation des années 30 en Allemagne qui a vu accéder au pouvoir Hitler.

A mes yeux LTRO et quantitative easing c’est de la planche à billets avec les inconvénients de la planche à billets et surement pas le remède miracle qu’on nous vend.
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13 commentaires on “Quelle est la différence entre le quantitative easing, le LTRO et la planche à billets?

  1. Que faut-il donc faire selon vous?

    • Letaulier dit :

      J’avoue que je n’ai pas de religion sur ce sujet. La seule chose dont je suis certain c’est qu’aucune solution ne sera indolore pour les peuples.

  2. NYprice dit :

    Sauf qu’aujourd’hui, un peu d’inflation ne ferait pas de mal…

    • Letaulier dit :

      « Un peu d’inflation ne ferait pas de mal » sauf si cette inflation n’est pas compensées par des hausses de salaires et des prestations sociales

  3. Merci pour cet article qui m’éclaire, moi qui n’ai fait que des études de sciences « dures ».
    Comme j’aime savoir qui se cache derrière les auteurs des blogs et en particulier pour déceler d’éventuels conflit d’intérêts, j’ai du mal à comprendre les motivations de cet anonymat (rubrique Qui suis-je ?) explicité par cette phrase  » J’ai décidé de ne pas révéler mon identité, non pas pour garder un total anonymat et pouvoir échapper à toute éventuelle poursuite judiciaire – l’anonymat absolu n’existe pas sur la toile – mais pour bénéficier d’une plus grande liberté de parole. ». Le système capitaliste, le meilleur système selon vous (à défaut de d’avoir essayé tous ceux imaginés), ne garantirait pas la liberté de parole non plus ? On doit pouvoir faire mieux alors. Non ?

  4. dergraben dit :

    Bien sur le QE et les LTRO sont des déguisements de la planche à billet et La bombe à retardement qui inéluctablement explosera c’est la dette des états dont le montant qui ne cesse d’augmenter depuis 30 ans ne pourra être remboursée ( comme cela a été le cas de la gréce de l’ argentine ) mais pour des montants colossaux puisqu’il s’agit de dette de grands pays ( usa france espagne italie etc… et donc tous les créanciers seront ruinés (comme tous les français qui ont de l’assurance vie basée sur l’emprunt d’état français ) à l’image de la ruine des épargnant francais qui avaient des emprunts russes
    la seule autre voie de sortie pour les états qui ne pourront rembourser c’est effectivement l’inflation qui au fur et a mesure ruinera par perte de pouvoir d’achat des pensions et de l’épargne assurance vie les épargnants et retraités…
    pas d’autre alternative (la deuxième étalant la douleur dans le temps c’est la plus probable
    c’est ce qui a déja commencé puisque votre épargne n’ést rémunérée qu’à 1% sur le livret a
    et le taux servi par les assurances vie euro ne cessent de baisser depuis 10 ans et seront bientôt
    inférieurs à l’inflation (réeele pas celle de l’insee qui ne tient pas compte de l’augmentation
    des impots des taxes foncières habitations etc… )

  5. miguel 31 dit :

    Selon vos dires, la « planche à billets » est une émission de monnaie centrale sans contrepartie en termes de PIB. Vous reprenez là la vieille antienne de la neutralité de la monnaie, dans un monde ravagé par les guerres déclenchées pour le maintien de la suprématie du dollar comme monnaie d’échange internationale (qui permet aux USA de consommer à eux seuls – et à crédit du reste du monde – 25 % des ressources naturelles produites annuellement alors qu’ils ne représentent que 5 % de la population mondiale).
    Mais reprenons concrètement l’exemple que vous avez pris concernant la planche à billet, celui du recrutement de 20 000 fonctionnaires par l’émission de monnaie centrale (destinée à financer directement la dette publique). Dans ce cas, le recrutement de 20 000 fonctionnaires conduit mécaniquement à une hausse du PIB ! En effet, vous n’êtes pas sans ignorer que les dépenses publiques entrent dans le PIB NON MARCHAND, qui fait partie intégrante du PIB d’un Etat avec le PIB marchand. De plus, nos fameux 20 000 fonctionnaires dépensent très certainement une partie importante de leurs revenus et consomment des biens et services, contribuant par effet d’entraînement à la hausse du PIB marchand et amortissant l’effet des crises monstres provoquées par la dérégulation de la finance que vous et vos petits copains « libéraux » appelez de vos voeux (au passage, un vrai libéral est favorable à la sanction du marché à la suite de prises de risques excessives et de comportements irresponsables, or celle-ci est simplement impossible dans le cas des banques systémiques qui ont le privilège exorbitant de financer l’économie, qui plus est aux taux qu’elles décident, de gérer les moyens de paiement et les comptes de dépôts de leurs clients…).
    Enfin, et pour conclure, le PIB est un outil de mesure de la valeur créée des plus critiquables (et cela tout économiste digne de ce nom le sait). Mais il y a fort à parier que non seulement la création de monnaie se traduirait dans l’exemple que vous avez pris par une hausse du PIB, mais également par une amélioration du bien-être collectif. Tout dépend évidemment de l’affectation de ces fonctionnaires, mais les besoins sont immenses en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures, d’énergie… Et les services publics sont presque absents des quartiers les plus défavorisés de ce pays, livrés à eux-mêmes et donnés en pâture à la propagande islamiste comme nous le rappelle l’actualité récente de ce pays. Et ce ne sont pas les marchés, seuls intéressés par la demande solvable, qui prendront le relais de l’État dans ses missions sociales… Enfin, vous avez pris l’exemple du recrutement de fonctionnaires (on imagine bien le mépris que vous leur portez), vous eussiez pu évoquer les investissements de l’État-stratège sous Charles de Gaulle (financés par la planche à billets) qui, combinées à du protectionnisme éducatif, ont permis à la France de développer en quelques années des industries dans le domaine spatial et aéronautique sur lesquelles repose encore largement notre puissance économique en déclin. De même, sans les investissements publics (et quoi de mieux pour le contribuable que de les financer à taux zéro lorsque c’est possible) de l’Etat Fédéral US, pas d’Internet ni de Silicon Valley…

    • Letaulier dit :

      je ne maitrise pas les fonctionnaires, je dis seulement que les créations de postes de fonctionnaires doivent correspondre aux besoins réels de la nation et pas à la volonté de faire baisser artificiellement le compteur à chômeur.

      Les grands projets de « l’État-stratège sous Charles de Gaulle » n’ont pas été financé avec la planche à billets.

      • miguel 31 dit :

        Évidemment, il ne s’agit pas de recruter des fonctionnaires pour creuser des trous le matin et les reboucher le soir… Pour ce qui est du financement des grands projets sous de Gaulle, il y avait certes de multiples sources de financement (emprunts d’État auprès des ménages français, obligation de financement – 20 % au moins – par les banques commerciales, etc…), mais également les avances au Trésor par la banque de France (interdites en 1973 par la loi Pompidou-Giscard). Ne peut-on dire, dès lors, que les grands projets des années 1958-60 ont été partiellement financés par la monétisation des dettes publiques, potentiellement inflationniste à l’instar de la « planche à billets »?

        • Letaulier dit :

          La différence entre aujourd’hui et l’après guerre c’est que dans le deuxième cas l’objectif était de remettre l’économie sur la bonne voie. Aujourd’hui l’objectif c’est de gagner du temps pour léguer les problèmes financiers à nos enfants et de refuser de faire des réformes.

          Les grand projets des années 50 ont, par ailleurs, surtout été financé par le plan marshall.

  6. miguel 31 dit :

    Juste une précision supplémentaire : vous invoquez la « crise d’hyperinflation allemande des années 30 » comme étant la cause de l’accession au pouvoir d’Hitler.
    C’est une contre-vérité historique !

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_R%C3%A9publique_de_Weimar

    La crise d’hyperinflation allemande date de 1923 et correspond en effet à une création monétaire excessive, mais elle est due aux réparations de guerre exigées par le Traité de Versailles.
    En 1929, l’Allemagne est déjà sortie de la crise et se reconstruit avec les capitaux prêtés notamment par les banques US. Mais après le Krach d’octobre, le très libéral président Hoover fraîchement élu refuse toute intervention de l’Etat fédéral sauf une, catastrophique : il décide de rapatrier tous les capitaux US investis en Allemagne, exportant ainsi la crise en Europe.
    C’est une crise gravissime en Allemagne (pays le plus touché en Europe), aggravée par les politiques d’austérité (celles-là même que vos amis pyromanes mènent de nouveau en Grèce et ailleurs en Europe du Sud) menées en 1931-32 par le chancelier Von Brüning (avec des baisses de salaires, réduction du nombre des fonctionnaires, etc…) . Fin 1932, le taux de chômage en Allemagne atteint 25 % de la population active. Et comme par hasard, Adolf Hitler est élu à la majorité relative en 1933. Avant d’affirmer des contre-vérités historiques (conformes à votre vision stéréotypée du monde), lisez et cultivez votre jardin !

  7. […] Naturellement aujourd’hui on imprime rarement des billets dans les pays développés, on procède à des opérations plus sophistiquées de LTRO ou de QE. Le wording est plus sexy, le grand public ne comprend rien, mais il ne se passe pas grand-chose de différent. Plus de détail sur ces pratiques sur la Main invisible. […]

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