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Valérie Trierweiler doit-elle retourner à la cuisine?

Pour moi c'est clair et entendu, dans une démocratie tout le monde a le droit d'exprimer son opinion sur n'importe quel sujet et même de dire des conneries – moi le premier! -. Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, bénéficie aussi de ce privilège. Et pourtant ses dernières déclarations sur Twitter, où elle apporte son soutient au candidat "dissident" (dissident…je pensais qu'on n'utilisait cet adjectif que pour parler d'opposants chinois, russes ou cubains) Olivier Falorni qui fera face à La Rochelle à Ségolène Royal, l'ancienne compagne de Hollande (même Feydau n'aurait pas oser imaginer une telle histoire).

 

Aucun doute que la "première dame de France" doit être particulièrement vigilante dans sa communication pour ne pas mettre en porte-à-faux le président de la république. Comme avec tous les proches d'un chef d'Etat (et une concubine c'est difficile de trouver plus proche n'est-ce pas?) on ne sait jamais si ils s'expriment en leur nom propre ou au nom de leur patron. On ne va pas recommencer le même cirque que Sarkozy et ses conseillers spéciaux, Guaino et Guéant, qui se permettaient de contredire en public des ministres. La bouille de Madame Trierweiler est plus agréable à regarder mais c'est pas une excuse pour faire pareil.
 
Une cause juste défendue par de mauvais avocats devient une mauvais cause
 
Les attaques venant de la gauche, dont Valérie Trierwiller a été la cible (je ne dis pas la victime, car elle l'a un peu cherché), sont d'une extrême maladresse et me troublent. On pourrait les résumer en deux mot; machisme et conservatisme social. Je prendrait  en exemple deux interventions d'hommes politiques qui ont particulièrement attiré mon attention.
Daniel Cohn-Bendit, celui qui a toujours quelque chose à dire et dont le champs d'intervention va du football aux eurobonds, dans une interview accordée au journal Le Parisien trouve "indécent qu'elle [Valérie Trierweiler] prenne position dans cette affaire. Première dame ou pas, elle n'a rien à dire là-dessus. Ce n'est pas une question politique, c'est une question de civilité. Sa démarche est inutile et pas bien du tout".  La vieillesse est un naufrage même pour les anciens soixante-huitards, qu'un ancien Maoïste, lanceur de pavé dans sa jeunesse puis aide-éducateur dans une crèche autogérée à Francfort se permettent de parler de civilité, c'est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Notre cher Danni termine son intervention par un argument massue mais nébuleux, "Royal est la mère des quatre enfants de Hollande. Que Valérie Trierweiler ne l'oublie pas…" . Cela me renvoie à ma jeunesse et aux films médiévaux que j'aimais regardé et où la reine n'était honorée qu'au moment où elle donnait un héritier mâle à la dynastie.

Autre intervention qui m'a marqué, celle de Jean-Louis Bianco, ancien collaborateurs de François Mitterrand et plus proche conseiller de Madame Royal lors de sa campagne présidentielle de 2007, affirmant sur LCI qu'il avait "travaillé avec Danielle Mitterrand, qui était une grande dame, qui travaillait pour des causes, mais jamais elle se serait permis de se mêler de politique intérieure". Se mêler des affaires internationales et mettre son mari dans une situation diplomatique délicate durant sa présidence n'est-il pas pire? Entre prendre position pour Falorni (dont tout le monde aura oublié le nom dans deux semaines même si il est élu député) et déclarer son admiration pour Fidel Castro il y a une marge.

Même si l'intervention de la première dame de France est très critiquable mais on moins faut-il utiliser les bonnes critiques. Par ailleurs ses mésaventures nous renvoient à la France d'avant la Révolution, ses rivalités entre favoris, ses complots pour discréditer la reine (comme dans les Trois Mousquetaires, les ferrets de la reine ont été remplacé par Twitter). Je comprends un peu mieux maintenant pourquoi on a coutume de dire que le président sous la Vème République est un monarque élu.
 

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